Délais de paiement au Maroc : les TPE tirent profit des effets de la loi 69-21

L’étude Inforisk 2026 révèle une amélioration significative des délais de paiement au Maroc. Les TPE apparaissent comme les principales bénéficiaires de la loi 69-21, avec une réduction notable des retards de règlement.

ÉCONOMIE & ENTREPRISE

Rédaction Atlas Original

6/30/20264 min read

La question des délais de paiement demeure un enjeu majeur pour la santé financière des entreprises. Au Maroc, les retards de règlement pèsent particulièrement sur les très petites entreprises (TPE), dont la trésorerie est souvent plus fragile. L’étude Inforisk 2026 apporte toutefois une note encourageante : la loi 69-21 sur les délais de paiement commence à produire des effets tangibles, notamment en faveur des TPE.

Selon les données d’Inforisk, les délais clients moyens sont passés de 172 jours en 2023 à 150 jours en 2024, soit une amélioration de 22 jours.

Cette évolution constitue l’un des premiers résultats significatifs observés depuis l’entrée en vigueur progressive de la loi 69-21, qui vise à encadrer les délais de règlement entre entreprises.

L’étude souligne que cette amélioration ne concerne pas uniquement les entreprises directement soumises aux obligations déclaratives. Un phénomène de diffusion s’est progressivement installé dans l’ensemble de l’écosystème économique, entraînant une réduction des délais de paiement au-delà du périmètre initial de la loi.

Une amélioration globale des délais de paiement

La principale conclusion de l’étude concerne les TPE. En 2024, leurs délais clients ont diminué de 32 jours, passant de 199 à 167 jours. Il s’agit de la plus forte amélioration observée parmi toutes les catégories d’entreprises.

Cette évolution s’explique notamment par l’élargissement du champ d’application de la loi aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions de dirhams. Les PME concernées ont été amenées à réduire leurs propres délais de règlement, ce qui a eu un impact positif sur leurs fournisseurs, souvent constitués de TPE.

En parallèle, les TPE ont également réduit leurs délais fournisseurs, passant de 107 à 94 jours, contribuant ainsi à une meilleure fluidité des échanges économiques.

Les TPE, principales bénéficiaires en 2024

Les PME enregistrent une amélioration plus modérée avec une baisse de 6 jours de leurs délais clients, tandis que les grandes entreprises affichent une légère hausse de 7 jours, tout en restant sous la barre des 80 jours en moyenne.

L’étude met également en évidence d’importantes disparités sectorielles. Certains secteurs comme le commerce de gros, l’immobilier ou encore le transport ont enregistré des améliorations notables de leurs délais de paiement entre 2023 et 2024. Dix secteurs ont vu leurs performances progresser, contre seulement deux ayant connu une dégradation.

Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : structure des entreprises présentes dans chaque secteur, niveau de concurrence, modèle économique ou encore durée des cycles de production.

Une situation contrastée selon les entreprises et les secteurs

L’étude révèle également une amélioration du comportement de paiement des entreprises marocaines. En 2024, 82 % des sociétés de l’échantillon respectent le cadre légal fixé par la loi 69-21, contre 77 % en 2023.

Par ailleurs, le crédit interentreprises privé représente encore 368 milliards de dirhams en 2024, confirmant son rôle de première source de financement des entreprises marocaines, devant le crédit bancaire.

À l’échelle internationale, le Maroc figure désormais parmi les pays affichant les meilleurs taux de paiement dans les délais autorisés. Un résultat encourageant qui témoigne de l’impact progressif des réformes engagées.

Des indicateurs encourageants pour l’économie

Si les progrès observés sont significatifs, les délais de paiement restent encore élevés dans plusieurs secteurs et catégories d’entreprises. L’année 2024 marque néanmoins une étape importante, en particulier pour les TPE qui apparaissent comme les grandes gagnantes de cette première phase de mise en œuvre de la loi 69-21.

Au-delà des chiffres, cette évolution illustre l’importance des mécanismes de régulation pour améliorer les relations commerciales et renforcer la résilience du tissu entrepreneurial. La poursuite de cette dynamique pourrait contribuer à assainir davantage les pratiques de paiement et à soutenir durablement la croissance des entreprises marocaines.

Une dynamique à confirmer

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