Immobilier à Agadir : entre transformation du marché, digitalisation et nouveaux profils d’acquéreurs
Dans cet entretien, Fatima Zahra El Mokhlis, directrice générale de Moubina Immobilier à Agadir, décrypte les dynamiques actuelles du marché immobilier, l’évolution des profils d’acheteurs et l’impact croissant de la digitalisation sur les pratiques du secteur.
IMMOBILIER
Rédaction Atlas Original
7/17/20264 min read


Dans un marché immobilier en pleine mutation à Agadir, marqué à la fois par la rareté du foncier, l’évolution des attentes des acquéreurs et l’accélération de la digitalisation, les professionnels du secteur sont confrontés à de nouveaux équilibres.
Entre montée en puissance des MRE, intérêt croissant des investisseurs et transformation progressive des modes de commercialisation, l’immobilier local ne se limite plus à une simple logique de transaction, mais s’inscrit désormais dans une vision plus large de valorisation urbaine et d’expérience de vie.
Dans ce contexte, Fatima Zahra El Mokhlis, à la tête de Moubina Immobilier, revient sur les dynamiques actuelles du marché, les critères qui influencent réellement la valeur d’un bien, ainsi que les nouvelles stratégies adoptées pour répondre à une demande de plus en plus exigeante et connectée.
Le prix d’un bien immobilier à Agadir est surtout influencé par trois éléments essentiels : l’emplacement, la qualité du bien, et le potentiel du quartier. Aujourd’hui, un acheteur ne regarde plus seulement la surface et le prix, mais aussi le cadre de vie, la proximité des services (écoles, supermarchés..) la sécurité de la résidence et la valeur future du secteur. En réalité, ce qui détermine le prix final, c’est autant l’adresse que l’expérience de vie que le bien peut offrir.
Au-delà des chiffres, quels sont aujourd’hui les principaux facteurs qui influencent le prix final d’un bien immobilier à Agadir ?
Je dirais les MRE, qui reviennent de plus en plus investir dans leur ville d’origine. Mais nous voyons aussi de nombreux jeunes cadres d’Agadir qui préfèrent désormais acheter plutôt que louer, avec une vraie logique d’investissement sur le long terme. À cela s’ajoutent les investisseurs, attirés par le potentiel locatif de la ville.
Quel est aujourd’hui le profil dominant des acquéreurs à Agadir : primo-accédants, MRE ou investisseurs en résidence secondaire ?
La valorisation durable d’un bien immobilier repose sur trois critères essentiels : un bon emplacement, la qualité de construction, et le potentiel d’évolution du quartier. Un bien bien situé, construit avec sérieux, dans un secteur en développement, conserve naturellement sa valeur et peut même se renforcer avec le temps.
Selon vous, quels sont les critères essentiels qui garantissent une valorisation durable d’un bien immobilier ?


La réalité aujourd’hui, c’est que le foncier au centre-ville d’Agadir devient de plus en plus rare. Les terrains bien situés se font rares, et ceux qui restent affichent désormais des prix très élevés, ce qui représente un vrai frein pour de nouveaux projets. Je pense donc que, dans les prochaines années, le développement de la ville se fera davantage vers les zones périphériques, là où il reste encore du potentiel d’expansion urbaine.
Le foncier est souvent présenté comme un frein majeur. Quelle est la réalité de la disponibilité des terrains à Agadir aujourd’hui ?
Aujourd’hui, la demande des clients pour le développement durable reste encore limitée, car peu d’acquéreurs demandent directement ce type d’intégration dans un projet. En revanche, de notre côté, nous y accordons une vraie attention en travaillant notamment avec Vetcam, qui nous fournit des matériaux de très bonne qualité, permettant d’améliorer à la fois la durabilité du bien et le confort dans le temps.
Comment intégrez-vous concrètement les enjeux du développement durable dans vos projets, et existe-t-il une réelle demande des clients pour ces solutions ?
Oui, les grands événements à venir ont déjà un impact visible sur le marché immobilier d’Agadir. La ville a connu une transformation importante grâce à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et aux grands projets urbains qui ont modernisé les infrastructures, les espaces verts et l’aménagement global de la ville. Aujourd’hui, avec la dynamique liée à la Coupe du Monde et aux investissements programmés entre 2025 et 2030, Agadir entre clairement dans une nouvelle phase de développement, ce qui stimule déjà la demande et la valeur de certains secteurs. Pour un premier investisseur, mon conseil est simple : choisir des emplacements stratégiques, bien situés et avec un potentiel de croissance, et investir sur du moyen à long terme plutôt que dans la spéculation.
Les grands événements à venir ont-ils déjà un impact sur le marché immobilier d’Agadir, et quel conseil donneriez-vous à un premier investisseur aujourd’hui ?
De nos jours, la digitalisation transforme fortement notre manière de vendre et de gérer la relation client.
Chez Moubina, nous avons digitalisé une grande partie du processus, notamment sur le plan administratif, mais surtout sur le plan marketing et commercial grâce aux plateformes Meta. Cela nous permet de toucher une clientèle beaucoup plus large, au Maroc comme à l’international. Nous réalisons même des ventes et des échanges directement via les canaux digitaux comme WhatsApp. Et récemment, nous avons mis en place un agent commercial digital « Mouna » disponible 24h/24 et 7j/7, ce qui améliore fortement la réactivité et l’expérience client.
Comment la digitalisation transforme-t-elle aujourd’hui vos stratégies de vente et la relation avec les acquéreurs dans le secteur immobilier ?


